Éclairages Sciences Humaines
Publication: Marc Bordeleau, professeur d’histoire
La poussée actuelle des populismes, à l’extrême gauche, mais surtout à l’extrême droite, a pour principale conséquence la polarisation du débat public et un effritement de la démocratie libérale dans plusieurs États occidentaux. Devant ces symptômes, des voix de plus en plus nombreuses et effrayées affirment que nous sommes de retour aux années 1922-1945. Mussolini et Hitler auraient donc une série de successeurs tels que Donald Trump, Viktor Orban et Giorgia Meloni. Oui, ces personnes sont très inquiétantes, elles s’entourent ou courtisent de vrais fascistes et la dernière en liste a un réel passé néo-fasciste. Pour autant, ces personnes sont-elles à la tête de régimes fascistes? Si oui, à partir de quels critères peut-on tirer cette conclusion? La peur légitime du fascisme, de la haine, de l’intolérance doit-elle nous conduire à amalgamer tous les types de régimes politiques comme les régimes autoritaires, réactionnaires et fascistes? Ce texte est une réflexion « personnelle, mais documentée » sur le fascisme, ses origines et ses « critères constitutifs ». Il fait suite à la discussion inscrite à l’ordre du jour de la Journée de la formation générale, du 24 septembre 2025. Ce texte rappelle l’importance de la contextualisation des phénomènes historiques et la nécessité, en histoire, de l’érudition archivistique et même chronologique.